Critique de The Crew 2

Sorti le 29 juin 2018 sur PS4, Xbox One et PC. Pour un poids d’environ 35 GO, développé par Ivory Tower et édité par Ubisoft. Nécessite une connexion internet pour y jouer. Critique basée sur une version PS4 commerciale achetée par mes soins.

The Crew 2 critique 2

Cette critique est la seconde partie de l’article sur mon retour de la bêta fermée de cette suite à cette adresse. En soit, sachez que pour éviter de répéter certains propos, que cette critique se veut concise et rapide, comme vous et moi in-game.

The Crew® 2_20181126190125

The Crew® 2_20181126190821

Mes premières heures sur la bêta fermée de The Crew 2 m’avait légèrement refroidi mais j’avais trouvé ici ou là un ou deux arguments pour le rajouter sur ma liste de JV à faire à petits prix et en cette période de disette post RDR2, j’ai sauté sur l’occasion d’un Black Friday se démocratisant par chez nous pour confirmer ou non l’avis assez négatif d’une bêta qui m’avait, il faut le dire, plutôt déçu et un peu ennuyé.

The Crew® 2_20181126200938

The Crew® 2_20181126205023

Alors The Crew 2, kécécé que ce bordel ? Suite du premier épisode, The Crew 2 vous propulse toujours dans les Etats Unis grand ouvert d’Ivory Tower avec cette fois ci un soin tout particulier aux cours d’eau en tout genre d’une immense map qui, si vous le souhaitez bien évidemment, peut vous pousser à relier Los Angeles-New York en un peu plus d’une heure réelle. Bref, comme dans le premier, si c’est votre truc, vous allez bouffer de l’asphalte au volant et/ou au guidon de belles machines rutilantes sous licences. Mais la nouveauté étant que vous allez aussi pouvoir piloter des bateaux et des avions, oui rien que ça. Cette réunion de disciplines variées est ainsi la nouvelle direction d’une suite qui à carrément changé d’ambiance et d’atmosphère puisqu’ici le ton sombre et « mâture » de cette histoire de vengeance proposée dans le 1er opus est remplacée par quelque chose de plus léger et festif, un peu comme la saga Watch Dogs en son temps. Avec au passage, la disparition pure et simple de la police, bien trop occupée à faire des courses avec les gentils pas méchants coureurs et coureuses de la Motornation (je suis très sérieux, les flics font aussi des courses parfois).

The Crew® 2_20181126225646

The Crew® 2_20181127203616

Exit le personnage principal à la barbe et aux lunettes trop badass, Exit l’histoire de vengeance contre le Five-Ten, bienvenue à votre avatar sans parole, sans aucun charisme et aussi charismatique qu’un piquet de bois, extension de votre « moi » réel. Votre objectif ici, sera de vous farcir les 4 boss des disciplines (street, off-road, pro-racing et freestyle) afin de devenir le-la meilleur(e) devant tout ces pleutres et ces ringards. A coups de followers, vous pourrez atteindre chaque palier (Débutant, populaire, célèbre, star et icône) les uns après les autres afin de débloquer de nouvelles courses dans diverses disciplines et surtout de nouveaux véhicules tous aussi géniaux et ultra cher les uns que les autres. Néanmoins, sachez qu’une fois le statut Icône atteint, que le jeu vous offrira un point de compétence à répartir dans trois arbres de compétences à chaque palier d’Icône atteint, transformant votre progression en simili RPG (du pauvre).

The Crew® 2_20181127205213

The Crew® 2_20181127205346

En résulte une expérience « encadrée » dans le sens où vous enchaînez les courses ou les épreuves en tout genre sur plus d’une trentaine d’heures environ, vous engrangez bucks (l’argent in-game, sachant que les Crédits Crew est l’argent en micro-transaction) et loot de performance ainsi que d’apparence. De plus, rien ne vous empêche d’alterner courses, petite pause pour équiper vos derniers loot sur vos véhicules en tout genre et exploration, il m’arrive régulièrement d’aller me perdre une grosse demi-heure, juste pour avaler un peu de bitume, occasion de voir de quoi est capable tel ou tel dernier véhicule. Néanmoins, en y jouant par petite sessions d’une heure trente, deux heures, je n’ai presque jamais ressenti une redondance ou une répétitivité, au contraire de la bêta donc. Même si au bout de ce temps de jeu, je m’arrêtais net puisque le jeu me tapait copieusement sur le système et encore je reste courtois gentes dames zé messieurs.

The Crew® 2_20181127205555

The Crew® 2_20181127215316

En enchaînant les heures de jeu sur The Crew 2, je me suis quand même dit que ce dernier avait un peu raté sa vocation, si on se reporte au titre du dit jeu, puisque comme le 1er, bah je n’y ai jamais une seule fois en équipe. Ça ne me dérange pas un seul instant d’être full solo mais pour une licence qui s’appelle The Crew, y jouer seul, c’est un peu étrange mais soit. Côté contenu, même si tout ne se vaut pas (comme les courses de moto cross, totalement infâme puisque c’est littéralement injouable ou presque), il faut bien se rendre compte que même pour un joueur solo, The Crew 2 propose une grosse tartine de choses à faire, toujours dans cette optique de JV de courses aux disciplines plus que variées. Même si, malheureusement, le pauvre est loin de pouvoir tenir la tête haute à un Forza Horizon 3 et même 4 puisque le tout fait très pâle figure face à la licence chère à Playground Games.

The Crew® 2_20181126191330

The Crew® 2_20181126192337

Comme je l’ai dit plus haut, The Crew 2 propose une tonne de disciplines réparti en 4 genres et tout ne se vaut hélas pas. J’ai pris beaucoup de plaisir dans les courses de street race, sur circuit (par exemple, il y a des courses de simili Formule 1 appelée Alpha grand prix ou un truc dans le genre) et d’hyper cars, même si dans cette dernière discipline propre à la catégorie Street Race, non seulement les courses sont très longues (40 minutes pour boucler celle de New York, au calme ouais) mais aussi elle sont d’une chiantitude extrême puisqu’il n’y a aucune sensation de vitesse, un peu zarb quand on se pilote une Lamborghini mais bon soit. De plus, les courses de bateaux, d’avions, de moto cross, de drag et même de drift, c’est plus compliqué que ça. Je ne dirais pas que je n’ai pas pris de plaisir mais certaines choses font que j’avais hâte de finir la course et d’aller faire autre. Le problème étant qu’en « appréciant » qu’un ou deux genres sur plus d’une dizaine, hé bien, le sentiment de me faire chier m’a vite atteint, pourtant, je prend du plaisir à jouer à The Crew 2, hé oui.

The Crew® 2_20181127222034

The Crew® 2_20181127224133

C’est donc paradoxal mais cette suite réussit l’exploit d’être fun par moment malgré d’énormes soucis ici et là qui me font souvent lâcher un « pfff » devant mon écran. Comme par exemple une IA presque imbattable ou presque. J’ai beau lui fourrer 10 secondes dans les dents, elle revient toujours à ma hauteur par on ne sait quel tour de passe-passe, pire, elle parvient même à me dépasser malgré d’énorme écart de distance dans certaines courses. Ne parlons même du cas inverse, quand c’est elle qui me fourre 10 secondes dans le bidon. Non seulement, c’est presque impossible à rattraper mais pire, ça intervient toujours quand je dépasse le niveau requis de la dîte course (par exemple, la course Coral Gables, j’avais le double du niveau requis, mais apparemment, l’IA s’en bat la courroie de distribution). Je ne suis pas sûr que ce genre de miracle arrive en vrai mais bon soit. Il y a aussi les deux questions de la nitro et de l’aspiration. Etant donné que The Crew 2 est avant tout un jeu de courses arcade, je ne comprend pas que la nitro soit de la partie et pas l’aspiration dans les courses, cette dernière fait même son apparition une fois le stade Icone atteint et sa compétence dédiée débloquée, si si. C’est juste incompréhensible mais bon soit, pourquoi pas.

The Crew® 2_20181127230612

The Crew® 2_20181128195950

Il y a aussi certains tracés de courses où les indications ne sont pas toujours très clairs et enfin la jouabilité où c’est vraiment le bordel. En motocross, c’est injouable, le drift, exit le frein à main, c’est avant tout du drift « Fast And Furious », du côté du bateau, afin de prendre de la vitesse, on vous demande de maintenir le joystick de direction vers le bas, durant toute la course, ce qui est incompréhensible là encore mais soit, pourquoi pas. Pour les épreuves en avions, le temps alloué pour accomplir l’objectif est assez court, vous forçant à vous grouiller dans les figures aériennes exigées pour le score, ce qui est assez stressant pour certaines et certains, dont moi.

The Crew® 2_20181128211004

The Crew® 2_20181129194452

Vite fait sur le freeride, vous êtes libre d’aller où vous voulez, quand vous voulez avec trois véhicules à portée de stick quand l’envie vous en prend. Le changement de véhicules se fait à la volée sans aucun temps de chargement, vous alternez quand ça vous chante et je trouve ça vraiment bien foutu, même si je préférais de loin le système du 1er quand on pouvais changer les spécificités de notre véhicule, ça faisait vraiment plus « Transformers ». Ici, je n’ai dû utiliser le système qu’une ou deux fois en une trentaine d’heures, c’est dire à quel point ça me disait pas vraiment de prendre l’avion ou le bateau quand je me promenais en voiture ou en moto.

The Crew® 2_20181129210852

The Crew® 2_20181129215117

Je finis sur la notion du farm pour les niveaux de véhicules que je trouve absolument chiant au possible. Quand bien même, ce ne soit pas une obligation, les épreuves vous demanderont un certain niveau pour votre véhicule vous demandant donc d’avoir les pièces lootables histoire que votre véhicule soit toujours au top du top. En sachant que les pièces sont toujours exclusives à la discipline de votre machin mécanique du moment (par exemple, une épreuve de drift vous offrira du loot pour votre véhicule drift et pas pour votre avion), il faudra à un moment donné refaire les épreuves précédentes histoire d’être au niveau. Cette partie est d’une chiantitude au possible. Il y a pourtant une tonne d’épreuves à faire (mais vraiment) mais il fallait quand même qu’Ivory Tower rajoute une tonne de farming, histoire d’allonger artificiellement la durée de vie de son jeu… Le pire dans l’histoire, c’est qu’au final, l’IA est tellement mal branlée que peu importe le niveau que vous ayez, supérieur ou inférieur au niveau demandé, si l’IA à envie de vous en foutre plein la gueule, elle le fera en mode yolo. Certain(e)s n’y verront aucun problème mais en ce qui me concerne, je trouve le farm de The Crew 2 vraiment immonde et assez punitif, sans même parler du coût exorbitant de certains véhicules nécessaires aux épreuves spécifiques qui vous feront avancer, qui est là encore vraiment pénible. Je vais être cash mais ma patience à été mise à rude épreuve, si bien que j’avais vraiment qu’une seule hâte, c’était de finir le jeu. A ce point là, oui.

The Crew® 2_20181129194624

The Crew® 2_20181130200539

Du côté des graphismes, je rappel que The Crew 2 propose le plus grand Open World jamais vu jusqu’à présent puisqu’il nous offre toujours les Etats Unis, certes pas à la même taille qu’en vrai mais le terrain de jeu est réellement immense. Malheureusement, cette immensité à un coût toujours aussi lourd à porter pour la licence puisque graphiquement, c’est toujours aussi compliqué. Surtout qu’entre temps, Les NFS Payback, les Forza Horizon 3 et 4 sont sortis et que graphiquement, bien que leur terrain de jeu soient plus petits, sont absolument magnifiques. L’immense terrain de jeu de The Crew 2 est donc toujours un problème dans le sens où le studio n’arrive pas à conjuguer le souci du détail graphique et le terrain de jeu, bien que parfois, certains panoramas sont vraiment jolis, surtout quand le soleil se lève ou se couche. Néanmoins, les détails qui auraient pu aider à l’immersion comme les rétroviseurs extérieurs et celui intérieur sont aux abonnés absents, pareil pour les écrans de certaines voitures, rien n’est affiché et nuit très clairement à l’immersion, du moins, en ce qui me concerne. Bref, graphiquement, il faut le dire cash : ce n’est vraiment pas la joie.

The Crew® 2_20181130201253

The Crew® 2_20181130201936

Au niveau de la bande son, certains bruit de moteur de certains véhicules s’en sortent mieux que ceux des copains-copines, comme par exemple celui de la Harley Davidson de 2017. Mais celui, par exemple, de la Mustang GT Fastback de 2015, c’est une catastrophe et ce n’est que le haut du panier. Très clairement, la Mustang GT n’est pas du tout respectée et je n’ai pas vérifié tout les véhicules puisque niveau prix, il faudra là aussi farmer encore et encore si on veut au moins un véhicule de chaque discipline (imaginez si vous voulez un garage rempli à ras bord…), déjà rien que la Lamborghini Gallardo s’affiche dans les 1 millions de bucks, sachant qu’une course vous rapporte entre 13000 et 22000, faites le compte… Bref, niveau son des moteurs, c’est la cata-catastrophe (ne tournons pas autour du pot). Je finis sur la tracklist, comme dit dans son aperçu, il y a un peu de tout, du rock, de la musique classique, du rap, de l’electro et ainsi de suite. Pour ma part, j’ai laissé sur la chaîne qui diffuse de l’electro et j’ai plutôt bien apprécié l’ambiance boite de nuit ukrainienne, c’était cool.

The Crew® 2_20181130231250

The Crew® 2_20181201202229

Je ne dirais pas que The Crew 2 est une déception mais il ne parvient jamais à tirer son épingle du jeu. A proposer une grosse tartine de disciplines motorisées différentes, il finit par légèrement se perdre alors qu’il aurait peut être dû y aller par palier et travailler chaque gameplay de chaque disciplines les unes après les autres. Ce qui est dommage, puisque il y a parfois des moments vraiment fun comme les courses d’Extrême Séries qui alterne deux ou trois disciplines dans une même course mais se perd vraiment 90% du temps dans des gros problèmes qui font que la course ou l’épreuve du moment est plus pénible que vraiment agréable. Bref, c’est vraiment dommage de voir un tel potentiel être gâché par autant de déconvenue alors que je suis persuadé que le studio est capable de beaucoup plus que « ça ».

The Crew® 2_20181201213155

The Crew® 2_20181201214408

Ce que j’ai aimé :

  • La vue guidon en moto quand on se promène en freeride
  • Les courses de street race et en circuit
  • Les épreuves d’Extrême Séries
  • L’immensité du terrain du jeu
  • Certains panoramas ici ou là
  • Il y a quand même de quoi faire, vraiment
  • Le mode photo, comme d’habitude quand ils sont bien foutus
  • Certaines musiques que je trouve bien trouvées
  • Stable niveau connection, aucun problème de ce côté là, il fallait le dire
  • Finir le jeu, j’ai jamais été aussi heureux que de finir un JV

Ce que j’ai moins aimé :

  • Pour un jeu qui s’appelle « The Crew », bah j’y ai joué tout seul comme un grand comme le 1er opus
  • C’est graphiquement toujours aussi « compliqué » que le 1er opus
  • Le trois quart des disciplines sont soient injouables ou soient chiantes à se coltiner
  • Répétitif dans son farm de niveau et d’argent, ce qui soulève une petite question sur l’économie du jeu (il y a des micro-transactions…)
  • Les courses d’Hyper Car, c’est très long, vraiment chiantes et sans aucune sensation de vitesse (on joue des monstres de puissance ou des caisses à savon ???)
  • C’est assez superficiel et bas de plafond dans les propos
  • Une IA qui s’en bat les couilles de vous, tout le temps
  • Des indications mal placées

Verdict

Alors que je sais pertinemment qu’Ivory Tower est capable de faire largement mieux, le studio accouche d’une suite conventionnelle, superficielle et générique au possible. C’est vraiment dommage de voir autant de talent gâché alors que le studio pourrait réellement concurrencer sans problème les plus grands comme Playground Games ou Turn 10 si il le voulait bien. Bref, si comme moi vous aimez les JV de courses, passez votre chemin, The Crew 2 s’enlise dans la médiocrité sans vraiment parvenir à proposer quelque chose d’intéressant puisqu’il se perd dans la fameuse formule du « c’est en voulant plaire à tout le monde qu’on finit par plaire à personne ». Hé ouais, Ivory Tower, n’est pas Playground Games qui veut finalement.

*Critique et screenshots réalisés à partir d’une version PS4 commerciale, achetée par mes soins.

Publicités

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. misskillzone76 dit :

    Une chose est sûre, cet article m’a arraché quelques bons sourires. Pour ce qui est du contenu, c’est toujours aussi agréable à lire mais celui-ci mérite la palme d’or de l’humour Made in Jensen. Perso, The Crew 2 fait partie de mes oubliés de l’année. Déjà parce que j’ai bourdé en l’achetant sur la mauvaise console (monsieur le voulait sur One), et puis parce qu’à ce moment là on était repartis sur une grosse session de Destiny 2. À première vue ce qui m’a marqué c’est que la conduite a quand même été améliorée par rapport au 1 (pré Wild Run qui avait mis un coup de cravache pour améliorer ce qui n’allait pas à l’époque). Le principe du multi transport était une bonne idée, pour l’expérience sur le long terme je peux pas dire. Mais bon, tout ça pour dire que tu as fait un retour en grandes pompes pour ce jeu 😂

    Aimé par 1 personne

    1. Perso, je comprend toujours pas pourquoi je l’ai acheté en fait… Même encore mtn, je ne comprend pas lol. Merci, ça fait plaisir de voir que ça plaît tjr autant 😇

      Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s