Critique de Red Dead Redemption 2

Sorti le 26 octobre sur PS4 et Xbox One, édité et développé par Rockstar Games, Red Dead Redemption 2 nécessite 105 GO d’espace libre avec un patch day one de 3,5 GO. Critique réalisée sur une version PS4 commerciale achetée par mes soins.

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Veuillez prendre note que la critique est basée à partir de sessions sur une PS4 « fat ». Seul le solo est concerné par cette critique sans aucun spoilers.

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En 2010, Rockstar sortait un Red Dead Redemption qui nous racontait l’histoire de John Marston qui devait se débarrasser du reste de son ancienne bande de hors la loi dans une Amérique de 1911 alors que la fin de l’époque far west se faisait de plus en plus sentir. Une oeuvre, encore maintenant, pour moi, cultissime, avec une fin (très) marquante, même si je reproche légérement au scénario de balader son héros, nous avec, et de le forcer à être le gentil toutou des autorités contre moultes promesses. 8 ans de développement plus tard, Rockstar Games nous accouche (très) douloureusement d’une suite qui se veut être un prologue à ces événements mais était-ce une si bonne idée que de contraindre à faire bosser de pauvres développeurs plus de 100 heures par semaines ? Réponse ci dessous.

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Red Dead Redemption 2 commence son histoire en 1899. Après un braquage qui tourne en cacahuètes goût bœuf séché, la bande de Dutch Van Der Linde est contrainte de fuir en vitesse Blackwater histoire d’éviter de finir sur la potence. Se retrouvant en montagne en pleine tempête de neige plutôt violente, la mission de votre personnage, Arthur Morgan, est de trouver un refuge temporaire, histoire de se mettre au chaud. Une fois fait, notre personnage va devoir remplir deux petites missions qui sont avant tout un moyen de poser un tutoriel qui vous expliquera un peu comment Red Dead Redemption 2 attend de vous la manière dont il se « jouera » et croyez moi, vous avez intérêt à lui obéir et pas essayer de plier le gameplay à votre manière sinon gare à vous, pareil du côté des missions scénarisées (et les autres) où il faudra se plier aux exigences du studio qui vous oblige à faire telle action et pas une autre (sinon Game Over), oui on ne voit plus trop ce genre de chose de nos jours mais il faudra s’y faire. Un 1er chapitre tutoriel donc, qui vous occupera deux heures, deux heures trente, qui, sur le plan de la mise en scène, prend tout son temps pour poser ses bases. Puis après l’accomplissement d’une mission qui vous demandera de braquer un train, la joyeuse troupe se déplacera et rejoindra un coin moins neigeux et plus verdâtre, l’occasion de vous permettre de poser les bottes dans la première petite ville du jeu : Valentine.

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C’est aussi l’occasion de voir la manière dont il faudra s’occuper du camp, entre donner de l’argent (ou des objets de valeurs) et de la bouffe (ou des peaux de bêtes), le camp sera une priorité dans un triangle de formalités que nous sommes obligé (ou non, c’est vous qui voyez) d’accepter. Donc il vous faudra avoir une attention constante sur le camp, sur le cheval qu’il faudra nourrir et brosser ainsi que votre personnage qu’il faudra aussi sustenter (mais pas trop sinon il devient gros mais un peu quand même sinon il sera en sous poids), laver (vous pourrez également ajuster la taille de votre barbe ou la taille de votre coiffure si vous aimez être « présentable ») sinon tout le monde vous dira que vous sentez la charogne, habillé en circonstance (lui mettre des vêtements chaud si vous voulez aller dans les coins froid et des vêtements moins chaud afin d’être à bonne température) et j’en oublie des vertes et des pas mûres dont je vous laisse la surprise. Bref, je vous le dit cash, n’espérez pas lui consacrer une heure par ici, une heure par là deux jours après, Red Dead Redemption 2 (ou RDR2) exige de vous de longues sessions afin de vous immerger le mieux possible, sinon laissez tomber l’idée, personne ne vous en voudra.

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Mais avant de parler plus en détails de la partie que je retiens le plus de ce Red Dead Redemption II, parlons du scénario mais aussi et surtout de sa narration. Pour en avoir fait un sacré bon paquet de Jeux Vidéo à scénario, RDR 2 se situe, en ce qui me concerne, dans la moyenne. C’est bien écrit, je ne nie pas ses qualités mais il se démarque par deux choses : sa narration que je trouve maîtrisée mais aussi et surtout le fait que ce n’est pas une histoire à histoire. Mais plutôt une histoire à histoireS. Permettez moi d’être un peu plus clair mais RDR2 ne vise pas vraiment à nous raconter une histoire de hors la loi, bim coup de feux, tout le monde y passe et clap de fin, mais plus à nous parler de personnes vivant en 1899 en se concentrant sur une bande de hors la loi plus particulièrement. La bande de Dutch, Arthur, John qu’on ne connaît que trop bien et tout les autres que je ne cite pas sont sublimés, mis en avant et exposés, avec leur forces mais aussi leur failles, aux joueurs et aux joueuses qui joueront à RDR2. Alors bien évidemment, il y a bien une histoire conventionnelle, mais celle-ci à décidé qu’il fallait avant tout nous parler de cette petite bande et plus particulièrement d’Arthur Morgan. J’avais apprécié John Marston dans le 1er opus, j’ai une grosse préférence pour Arthur qui est un gros dur au cœur tendre qu’il cache plutôt bien malgré quand même qu’il soit un hors la loi. De plus, il y a ici ou là un ou deux personnages qui se révèlent, prennent une certaine dimension que je ne soupçonnais pas comme Sadie Adler qui vaut clairement le détour, du moins selon moi.

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Niveau scénario pur, dénué de tout autre contenu, RDR2 s’en sort plutôt bien, prend son temps pour poser les bases et sait quand sortir une carte élément perturbateur avec une efficacité certaine ainsi qu’une montée en puissance tout au long de ses 6 chapitres (montée en puissance qui démarre direct en chapitre 5 pour ne jamais redescendre), qui s’étale sur plus de 50 heures sans rien d’autres à côté même si il faudra bien accepter que les missions principales vous prendront par la main et qu’il faudra obéir aux ordres afin d’assister à des situations scénarisées de bout en bout quoique toujours spectaculaires en terme d’actions ou même intimistes en terme d’émotion, le tout accompagnés, s’il vous plaît, par une bande son tout simplement sublime ainsi que des bruitages exceptionnels (surtout au casque). Pas besoin, je pense, d’un pavé pour elle toute seule, mais l’OST est tout simplement magistrale, rien que ça. Mais, ce n’est pas pour ça que j’apprécie réellement ce RDR2, mais plutôt pour ce qu’on peut faire à côté et il y a un paquet de choses qui nous sont proposées afin d’alterner entre le scénario et tout les à côtés.

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Néanmoins, au sein du studio en lui même, Rockstar reste cantonné dans sa zone de confort en nous parlant encore une fois des mêmes thématiques déjà évoqués dans un théâtre plus moderne avec son GTA V. Sans spoils aucun, Rockstar ne fait que réciter une nouvelle fois les mêmes sujets ici transposés dans l’époque du Far West alors que celle ci vit doucement ses dernières heures. Même si, apparemment, ça ne gène personne, le fait de recycler (avec efficacité puisque Rockstar sait de quoi il parle), les mêmes sujets, productions après productions lasse vraiment le joueur que je suis et il serait grand temps pour Rockstar de nous parler d’autre chose que de braquages de banques, de criminels méchants mais en fait très gentils et plus si affinités…

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Mon fidèle compagnon ❤

Au début du chapitre 2 et de notre arrivée dans le 1er camp, il faut bien se rendre compte que RDR2 se moque littéralement de votre présence, que vous soyez là ou pas, le jeu n’en à absolument rien à carrer. Pire, certains tutoriels visant à vous expliquer un peu certaines mécaniques sont passés on ne sait où, comme par exemple comment avoir les armes à la base présente sur votre cheval être toujours sur votre dos automatiquement en y descendant… Mes premières heures ont donc étaient un peu pénible par tout un tas de choses, surtout le fameux réalisme du jeu mais j’y reviendrais un peu plus bas, cette affaire aura droit à son propre pavé. Bref, j’ai lâché l’affaire au bout de 5-6 heures de jeu, je me suis occupé de finir AC Odyssey puis je suis revenu dessus et le déclic s’est fait direct, j’ai compris et surtout découvert où je pouvais tirer mon épingle du jeu (badum tss). En effet, je me suis pris d’affection pour la chasse, je me suis pris d’affection dans la gestion du camp (entre les corvées, le registre, ramener à manger et de quoi augmenter la cagnotte du camp) et enfin, j’ai littéralement pris un immense plaisir à m’occuper de tout, y compris les doléances des membres de la bande.

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J’ai même pris facilement une vingtaine d’heures pour stabiliser la situation financière du camp et une fois celui ci avec une excellente condition, j’ai repris les quêtes principales. Dit comme ça, ça fait vraiment esclave de la bande mais je me suis rendu compte que parfois, quand je pouvais partir deux jours sans rentrer au camp que les corvées étaient faites en mon absence, donnant l’illusion que les membres du camp pouvaient quand même se débrouiller seuls quand j’étais absent. En soit, ça n’a l’air de rien mais je sais que si je suis ailleurs, que le nécessaire sera fait, ce qui donne envie de prendre le temps d’aller explorer.

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Bref tout le contenu annexe, sauf peut être les minijeux comme le poker et cie que je n’aime pas, m’a véritablement tenu occupé. Ce que j’aime par dessus tout, c’est partir sur mon cheval, jour levant, et partir à la chasse, à la pêche ou les deux. C’est un truc que je kiffe et qui me détend vraiment bien. Partir explorer juste pour se perdre, accomplir les quêtes de chasseur de primes ou juste aller récupérer les lingots d’or via les cartes aux trésors (je peut vous dire que j’étais assis sur un beau pactole jusqu’à la fin du jeu), du coup vu que la question financière était réglée, je pouvais sans problème prendre des risques pour trouver une autre source de revenu pour le camp, entre fouiller les baraques perdues dans les bois où même faire des petits larcins ici où là sans me faire choper… Même si une quête secondaire en chapitre 3 tue un peu le problème rencontré par l’argent mais soit. Bref, il est rare d’avoir une oeuvre vidéo-ludique qui me retient autrement que par son scénario et Red Dead Redemption 2 le fait avec brio et rejoint sans souci les autres œuvres qui ont réussies cet exploit (sans citer puisque nous ne sommes pas là pour confronter telle oeuvre avec telle oeuvre).

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Mais le plaisir d’y jouer vient avant tout dans le fait que Red Dead Redemption 2 se veut réaliste. Dans la façon qu’Arthur à de se déplacer, vous sentez son poids, pareil quand vous êtes à cheval. Ne parlons même pas des fusillades que j’adore, simplement parce qu’elles sont, pour moi, très réalistes. Pourquoi ? Puisque le risque de se prendre une balle dans le buffet augmente si le tireur en face sait viser, parce que oui les PNJ ne sont pas tous des robots faisant des cartons plein, beh non, ils ne sont pas tous des as de la gâchette, bandits comme hommes de lois. Bref, les fusillades sont très jouissives de mon côté. Puis n’oublions pas qu’il faut aussi prendre soin de ses armes en les nettoyant (et même en les personnalisant !).

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Le réalisme est poussé à un point que parfois, après de longues heures de jeu, on se surprend à découvrir certaines petites choses. Mais le réalisme ici de vigueur à des limites et pas des moindres. Ce qui m’énerve le plus, c’est quoi qu’il se passe, c’est le joueur ou la joueuse le/la fautif/ve. Un cas social de l’ouest vous fait chier, ouvre le feu sur vous et se fait refroidir en retour « parce que c’est bon, faut pas abuser avec ma patience » ? C’est de votre faute. Sur votre cheval, vous vous faîtes « coincés » par une bande de troudballes histoire de vous soulager de vos dollars, ça finit dans le feu et le sang, le témoin qui vous voit tout le temps (comme par magie de façon systématique), c’est la prime pour votre gueule. Vous faîtes une mission scénarisée qui finit mal, la prime reste après la mission.

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Petit couteau à beurre des familles, relax easy boy 🙂

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Le réalisme exacerbé du titre immerge sans problème le joueur que je suis mais parfois m’écœure totalement, au point où ça m’est arrivé de carrément faire autre chose que ce que j’avais prévu en amont. Bref, j’ai trouvé le réconfort d’aller me perdre dans la nature pour chasser plutôt que de me dire que j’allais faire une mission du scénario en sachant que si ça se barre en cahuètes, j’allais forcément me manger une grosse prime à la gueule. Je pourrais très bien ne pas les payer, garder mon cash et fin de l’histoire, mais quand vous avez une dizaine de chasseurs de primes aux fesses alors que vous souhaitez juste chasser dans tel trou paumé, ça le fait moyennement. Oui Red Dead Redemption 2 réussit à m’immerger avec un réalisme plutôt bien foutu mais parfois tellement injuste envers le joueur que ça en devient vraiment chiant, vu que c’est toujours vous le responsable. Un peu comme notre société actuelle d’ailleurs…

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Au niveau du gameplay et de la prise en main, vu que ça se veut réaliste, c’est simple, c’est la foire aux interactions en tout genre. Rien qu’avec la touche L2 (attention à bien rangé votre arme, ça va super vite un coup de feu par inadvertance), vous avez une flopée de possibilités, en combinant avec une autre touche, entre saluer, provoquer, menacer les gens, dépouiller, brosser votre cheval, le nourrir, le calmer, le caresser, fouiller les meubles, ouvrir et/ou refermer les tiroirs, viser et étudier tel animal, c’est simple, vous vous y perdrez obligatoirement au début. Mais, alors que je lit partout que c’est mal branlé, de mon côté, je trouve ça assez simple à retenir. C’est une jouabilité par étape : soit vous décidez de dégainer votre arme et là, bah c’est forcément pour vous battre ou soit vous la rangez et là, c’est forcément afin de se la jouer « cool ». Il n’y a pas de réelle difficulté dans le gameplay, il faut juste prendre le temps d’être attentif à ce qu’on fait, tout le temps. RDR2 requiert donc une attention de votre part à tout moment, en soit, c’est donc facile de parer à toute situation, il suffit juste d’être concentré. En ce qui concerne le gameplay en lui même, je n’ai réellement rien à reprocher tant là encore, il immerge de par son réalisme là aussi.

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Tout répond bien, je n’ai jamais eu de soucis là dessus, même durant la chasse quand il faut tout mettre sur le cheval pourtant avare en possibilité (entre regarder l’inventaire du cheval avec L1, s’en occuper avec L2, mettre quelque chose sur lui avec carré ou monter dessus avec triangle, il faut être a-tten-tif que je vous dit !). Je pourrais quand même noter que parfois quand vous voulez vous dépêcher sur la route, à pleine vitesse en cheval, il arrive des accidents de collisions avec d’autres chevaux. Pas de constat d’accident, puisque ça part direct en échange de coup de feu. Ça m’est arrivé un paquet de fois, c’est vraiment chiant.

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Graphiquement parlant, les screenshots parleront plus que ce que je suis entrain d’écrire mais Red Dead Redemption 2 est tout simplement magnifique, de jour, comme de nuit, partout, tout le temps, et invite à la contemplation, surtout grâce à une grosse distance d’affichage. Que dire, mis à part que c’est superbe ? Parfois les longs discours ne servent à rien, juste dire qu’effectivement, c’est juste grandiose graphiquement parlant et point. C’est magnifique, somptueux, j’en ai pris plein les yeux tout le temps lors de mes sessions. Donc Red Dead Redemption 2 est graphiquement une beauté qui tue. D’ailleurs, techniquement parlant, j’ai été touché par le fameux bug de l’absence de John, Jack, Abigail et Sadie dans le camp, me privant des interactions avec eux. Mis à part ce bug regrettable n’impactant pas vraiment mon expérience (à mon sens), je n’ai rien à dire de négatif sur la technique de RDR2 (même si ici où là, de petits bugs amusants sont présents mais ne gênent en rien le plaisir de jeu). Graphiquement et techniquement parlant, Red Dead Redemption 2 est donc très propre et très soigné.

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Néanmoins, j’aurais bien aimé que le jour soit un peu plus long qu’il ne l’est actuellement et aussi que la transition jour-nuit se fasse de façon moins mécanique puisque vous passez du jour à la nuit d’un claquement de doigts. Et enfin, il y a la question du mode photo du titre, qui est pour moi, le summum du foutage de gueule sur plus de 100 ans facilement. C’était si compliqué que de faire un mode photo comme les autres studios, Rockstar ? C’est vraiment obligé de faire comme « ça » ? J’aime bien les modes photo en général mais celui de RDR2, c’est bel et bien le pire que j’ai pu voir jusqu’à présent et pourtant celui des deux derniers Assassin’s Creed ne sont pas évidents…

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Mais il y a des choses que j’aurais aimé avoir et d’autres que je trouve totalement idiotes. Au rayon des choses que j’aurais bien aimé être présente, si je puis dire, vu que c’est pas non plus gravissime, j’aurais bien aimé avoir un compagnon à quatre pattes avec moi, je parle bien sûr d’un chien-chien. Ça aurait pu être vraiment classe pour partir à la chasse avec un compagnon canin mais c’est vraiment du chipotage de ma part. Mais là où je trouve que Rockstar s’est réellement viander en beauté, c’est le trop politiquement correct de son oeuvre. En effet, rien que le sujet de l’absence de la prostitution (elles sont présentes mais le simple fait que vous devez refuser poliment ou non en dit large) où le reflet de notre société avec le mouvement Metoo (ou balance ton porc en France) est pour ainsi dire la confirmation que Rockstar s’est assagi à un point où il ne souhaite même plus choquer la moindre personne que ce soit.

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Mais je voit vos sourcils levés à dix bornes à la ronde, tels des chasseurs de primes à la petite semaine, je me moque de faire des parties de jambes en l’air virtuelles vu qu’apparemment Arthur ne serait pas de ce bord là (justification scénaristique compréhensible) mais il est assez intéressant de remarquer ici ou là que certaines demoiselles de joies aient été rhabillées pour la circonstance. 8 ans de développement, c’est très long. Hors, il suffit juste d’être observateur pour se rendre compte que Rockstar a certainement repoussé son jeu histoire de faire des changements afin d’éviter tout problème sur cette question bien précise. Hors, RDR 2 souhaite nous parler d’une époque précise, violente, où le débat de notre société actuelle n’existait même pas du tout (du moins, pas à la même échelle). Il est donc « amusant » de constater que certains studios de développement en soient arrivés à se censurer afin d’éviter tout problème.

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En partant de là, en ce qui me concerne, je considère que Red Dead Redemption 2 à beau être réaliste dans la multitude de détails dans son gameplay, le réalisme exacerbé du titre s’arrête là où les petites consciences de notre époque auraient pu être offusquées pour pas grand chose alors que l’époque ici mise en scène n’était pas propre niveau mœurs. Hé ouais, il y avait de la prostitution au temps du Far West, c’est fou non ? J’en suis moi même choqué le premier. Bref, j’ai connu un Rockstar plus vigoureux niveau propos non politiquement correct (j’ose à peine voir une (re)sortie de GTA 3 ou 4 en 2018…). Vu la multitude de polémiques qui sortent en ce moment, je veut bien croire que Rockstar ait voulu l’éviter celle là mais je ne suis pas vraiment fan de la censure. Quelle qu’elle soit d’ailleurs. Il est donc dommage de voir que même Rockstar se soit abaissé à s’auto-censuré de la sorte, histoire de ne choquer personne mais soit, ce qui est fait est fait. Le réalisme du jeu s’arrête à la porte des gens à qui le mot procès est systématiquement sur la table quand elle se pensent choquées pour même un pansement de la mauvaise couleur…

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Tout ce que vous venez de lire sur Red Dead Redemption 2 est à prendre en compte en tant que simple Jeu Vidéo qui sort dans le commerce, on le finit et on revend (ou non). J’ai beau avoir été déçu par l’écriture de GTA V, Red Dead Redemption 2 force le respect sur bien des points. Déjà, je ne le répéterais jamais assez, il a fallu 8 ans de développement à Rockstar pour développer ce RDR2. Personne n’a les moyens de faire ça dans l’industrie (même si Sony à permis à The Last Guardian un bon dix ans de gestation avant de sortir et Square Enix à lui aussi mit 10 ans avant de sortir FFXV après bien des déboires) mais personne ne peut se permettre ce laps de temps de nos jours. Ubisoft met à peu près 2-3 ans pour développer et sortir un Assassin’s Creed en comparaison. Outre des informations qui défrayent la chronique, comme par exemple ce scandale de crunch dans le développement du jeu, où ses notes sur-réalistes (le 21/20 de Jeux Actu ou le 22/20 de la youtubeuse Carole Quintaine), Red Dead Redemption 2 est loin d’être une oeuvre vidéo-ludique qu’on finit et suivant.

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Non, RDR2, c’est un JV différent, c’est un JV qui nous invite à s’immerger, à y vivre à l’intérieur de sa bulle virtuelle. Tout n’est pas parfait, des défauts qu’aucun autre studio n’aurait peut être pas osé faire, qui ici passe easy (boy). Il y a des thèmes forts que je ne préciserais pas, une écriture adulte, des situations qui nous obligent, si on est réceptif, à réfléchir. D’ailleurs, RDR2 peut très bien se vivre uniquement comme un JV. Mais je l’ai vécu en deux temps de mon côté. J’ai même fait la grosse erreur de le juger direct, à l’emporte pièce, me remémorant la déception du précédent jeu de Rockstar. Hors, hé bien, l’erreur est humaine et RDR 2 me l’a fait comprendre d’une fort belle manière. Tout d’abord, je n’ai pas joué à Red Dead Redemption 2, non je l’ai vécu. Je l’ai vécu comme en début d’année un certain Zelda Breath Of The Wild et juste avant lui Assassin’s Creed Odyssey.

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Mais je préfère le dire, il n’y aucune comparaison entre les trois, puisque pour moi, ce sont deux (oui deux pour trois oeuvres différentes, vous lisez bien) visions différentes du genre Open World Aventure pour un joueur. Tout les trois m’ont immergés et immerge de la même façon : avec l’amour et le respect qu’à droit (et que j’exige au passage) le joueur que je suis. Et ça, hé bien, merci Nintendo, Ubisoft et surtout Rockstar. Rockstar qui réussit l’exploit de combiner des éléments que les autres studios de développement auront peut être du mal à rattraper comme cet Open World. L’écriture aussi, bien qu’à cheval avec la génération précédente et le standard actuel qu’a réussit à planter un certain Naughty Dog avec son TLOU. Parce que les 8 ans de développements de RDR2, je les sent quand je m’y plonge. A travers un détail qui me saute à la gueule comme la chasse, viscérale et réaliste ou ce parti pris du tout réaliste, parfois injuste pour le joueur. En soit, RDR 2 mérite quand même le respect, tout en n’oubliant pas que les développeurs et développeuses en ont bavé(e)s, parfois au détriment de leur propre vies personnelles. En soit, merci les développeuses et développeurs parfois anonymes. Merci à vous.

Ce que j’ai aimé :

  • Un Open World vivant, crédible, réaliste, absolument magnifique et surtout techniquement irréprochable
  • Les personnages d’Arthur Morgan et Sadie Adler, d’une remarquable écriture qui fait que je m’y suis attaché
  • Notre cheval bien à nous, je m’y suis (aussi) attaché malgré moi
  • La lourdeur d’Arthur, j’adore pour ma part
  • Une énorme durée de vie (plus de 60 heures de mon côté pour la trame principale et les quêtes annexes tout en me promenant beaucoup)
  • Le scénario à partir du chapitre 5
  • La chasse, viscérale et réaliste
  • Les fusillades, c’est juste un truc de fou, coeur sur toi le fusil à pompes ❤
  • Les interactions avec notre cheval qui fait qu’on s’y attache malgré nous
  • Une oeuvre qui prend tout son temps mais qui se prête à être une usine à souvenirs et anecdotes personnelles dans notre aventure
  • J’ai aimé gérer le camp, entre les corvées et le fait de s’occuper de la question financière
  • Une Version Originale (très) réussie
  • L’Original Soundtrack, c’est un grand oui

Ce que j’ai moins aimé :

  • Des premières heures très difficiles en terme d’interaction et de rythme, il faut s’accrocher
  • Le mode photo, c’est non.
  • Le « bug » de l’absence de 4 personnages au camp au début du chapitre 2 jusqu’au chapitre 4
  • Un scénario conventionnel, « porté » par une narration qui fait (heureusement) le travail
  • Des thèmes qui se répètent, productions après productions, il faut savoir se sortir de sa zone de confort, Rockstar…
  • Les mini-jeux comme le poker, le domino et cie, j’ai pas trouvé cette feature « pertinente », j’aurais bien aimé un stand de tir en fait (genre un concours de tir sur bouteilles)
  • Dutch Van Der Linde. Désolé d’être cash mais… Mais quel Emmanuel Macron quand même.
  • Le système d’honneur, c’est soit gentil ou méchant, j’aurais aimé un entre deux
  • J’aurais bien aimé avoir un compagnon canin
  • 8 ans de développement, c’est long, et ça se ressent sur le fait d’être pris par la main dans les missions principales, chose qu’on voit de moins en moins en 2018
  • Le réalisme exacerbé du titre qui, tout le temps, fait que ce soit le joueur le responsable même quand il ne l’est pas (genre, la légitime défense, c’est 404 error not found dans RDR2)
  • Pas assez réaliste sur d’autres points (beh ouais, on ne peut pas faire du réalisme à la carte quand ça nous arrange)
  • Censuré jusqu’au trognon, beaucoup trop politiquement correct, merci les extrémistes de la pensée unique moderne

Verdict

Il aura fallu 8 ans et une énorme polémique à Rockstar pour nous proposer Red Dead Redemption 2. Un travail de titans qui offre un résultat qui touche du bout du doigt la perfection et qui se permet le culot de surfer à contre courant de ce que propose l’industrie AAA cette année. Néanmoins, Red Dead Redemption 2 est victime de son succès, malédiction des plus grands : les notes exagérées de la presse. Red Dead Redemption 2 est une oeuvre magistrale, entre écriture soignée, gameplay aux petits oignons et une technique (presque) irréprochable. Si vous aimez les Open Worlds, foncez. Si vous aimez l’époque ici décrite, foncez. Mais il faudra bien accepter le parti pris (trop) réaliste d’une oeuvre qui se voulait à contre courant de tout ce qui sort dans l’industrie AAA. Néanmoins, ce n’est pas à moi à vous dire si RDR2 sera une des œuvres de la décennie, qui bouleversera l’industrie pour les années à venir mais en ce qui me concerne, je dois bien me rendre compte que je l’aime ce Red Dead Redemption 2. Avec ses qualités mais aussi ses (gros) défauts. Non pas merci Rockstar mais merci aux développeuses et aux développeurs de l’ombre qui ont tant sacrifiés pour nous offrir à nous, joueuses et joueurs toujours plus exigeant(e)s, cette oeuvre si réussie, attachante et singulière.

*Critique et screenshots réalisés à partir d’une version PS4 commerciale, achetée par mes soins.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. misskillzone76 dit :

    Comme d’habitude, j’adore l’écriture de cet article.
    En ce qui me concerne, je partage ton point de vue sur certains points et parfois totalement l’inverse.
    Bref, quoi qu’il en soit, t’as tout déchiré 🙂

    Aimé par 1 personne

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