Critique de Valkyria Chronicles 4

Sorti le 25 septembre sur PS4, Xbox One et Nintendo Switch pour un poids d’environ 30 GO. Développé par Sega, édité chez nous par Koch Média, la critique est réalisée sur une version Xbox One presse fournie par Koch Média.

Valkyria Chronicles 4 jaquette

Prenez note que je découvre la saga Valkyria Chronicles avec ce 4éme opus. Je remercie également Lucian Blight pour son aide.

La saga Valkyria Chronicles (VC) débute en 2008 sur PS3. Tout débute dans une Europe alternative à la nôtre dans les années 1930. Une guerre éclate entre la Fédération Atlantique et l’Alliance Impériale. La cause ? L’appauvrissement d’une source d’énergie qui, entre les mains d’un des deux camps pourrait lui permettre le contrôle absolu du monde. C’est alors que les gentils de la Fédération iront se battre contre les méchants de l’Alliance en allant sécuriser la Principauté de Gallia, dernier coin du secteur à avoir de quoi faire niveau ressources. Inutile de tout vous raconter mais sachez que l’univers est ultra travaillé bien que très « japonais » dans le traitement. Bref, concentrons nous sur l’opus qui nous préoccupe maintenant, j’ai nommé Valkyria Chronicles 4 (VC4).

VC4 prend place en 1935. La situation est plus que critique et la Fédération doit jouer son dernier va-tout, sa dernière carte, bref, si ça ne passe pas cette fois-ci, ça cassera forcément. Nous n’incarnons pas vraiment de personnages à proprement parler, mais nous suivrons alors la campagne de l’Escouade E, commandée par le Lieutenant Claude Wallace. Ce charmant jeune homme dirige une troupe disons le clairement : singulière. Chacun de ses soldats à une personnalité propre et ne sont pas que des noms dans une grille. Entre Kaï la snipeuse discrète et très timide avec quand même un caractère fort, Raz le soldat qui se pense être invincible et Riley Miller la grenadière qui se joue passé qui à des conséquences sur le présent et connaissant personnellement Claude, rien qu’avec ce trio, les discussions sont souvent sources de moments un peu étrange (voir même assez malaisant) pour une personne qui débarque dans ce bordel. Néanmoins, j’avoue avoir un (gros) faible pour Riley. Cette demoiselle à quand même une grosse paire de burnes multi équipement, en plus d’avoir un jouet décisif sur le champ de batailles, et c’est ce que j’apprécie chez elle. Bref, il faut toujours que j’accroche aux personnages féminins, peu importe l’oeuvre vidéo-ludique que je joue…

Cela dit, le début de Valkyria Chronicles 4 n’a pas été simple en terme d’immersion puisque mes deux ou trois premières heures ont été (très) compliquées. Toute les peines du monde à m’immerger, jeté dans la fosse aux tutoriels tous aussi assommant les uns que les autres, il aura fallu attendre que l’histoire prenne une pause, celle des flashbacks, étape importante dans n’importe quel récit qui se respecte. A partir de ce moment là, un déclic se produit alors. Tout doucement, j’ai commencé à ressentir une certaine empathie pour cette escouade de joyeux lurons et les dialogues, ultra nombreux et assez longs (ça peut tenir la bavette durant cinq minutes le plus tranquillement du monde) sont de plus en plus intéressants par la suite, puisqu’on commence à s’accrocher aux personnages et c’est là la véritable « force » de ce nouvel épisode. Valkyria Chronicles 4 alternera les champs de batailles et les discussions à travers les chapitres qui vous racontera donc l’Opération Croix du Nord, un plan audacieux mais de la dernière chance, qui vise à se précipiter le plus rapidement possible du côté de l’Alliance afin de capturer la Capitale et de stopper une bonne fois pour toute la guerre. Sauf que vous vous en doutez bien, n’est pas l’Agence tout risque qui veut, le plan va vite partir en sucette…

Niveau scénario, il ne faut pas vraiment s’attendre à une révolution. Valkyria Chronicles 4 s’arrête à son postulat de départ avec l’opération Croix du Nord afin de vous faire vivre le quotidien de l’escouade E. Vous vivrez donc plus ou moins à leur côtés, comme si vous y étiez ou presque. Il faut juste aimer lire et ne pas « jouer » durant de longues minutes. Sans spoil, sachez que plus vous avancerez, plus ça deviendra hardcore, que ce soit dans le scénario raconté que sur le champ de batailles. Fort heureusement, Valkyria Chronicles 4 est traduit en Version Française à 100%, hé oui ! Je ne boude pas le plaisir de vous dire que la traduction est une magnifique idée de la part d’un Sega qui se refuse toujours à traduire sa série Yakuza mais fait un immense effort pour une saga très peu connue en France. J’insiste là dessus puisque parler de jeux de niche pour Valkyria Chronicles 4 est assez proche de la réalité. Très peu de joueurs et joueuses connaissent la saga, cette traduction est donc une très bonne nouvelle en terme d’accessibilité (d’ailleurs, moi aussi avant d’y jouer, je ne connaissait que de nom et encore). Bref, si la traduction FR peut aider la série à se faire connaître, c’est le moment ou jamais. Puisque vous comme moi, nous savons pertinemment que le nerf de la guerre, c’est l’argent. Si les ventes sont au beau fixe, nul doute que ça pourra peut être encouragé Sega à faire plus de traduction pour ses autres productions futures… Je me laisse aller à un petit conseil, jouez avec les dialogues japonais par contre. Ça m’a aidé dans mes sessions sur le jeu.

Bref, côté gameplay, comment ça se joue me demanderez vous ? Hé bien, Valkyria Chronicles 4 est un jeu de stratégie au tour par tour mélangé avec des phases à la troisième personne saupoudré d’une mécanique de RPG pour parfaire le tout. Sur les champs de batailles, vous devrez donc commander vos troupes pour accomplir l’objectif le plus rapidement possible. Chose singulière, la troupe commandée se jouera vue TPS (vue à la troisième personne) et vous pourrez donc vraiment influer sur le cours de la partie en incarnant votre soldat ou le tank de Miles. Vous avez droit à un tank, lourd mais qui possède une puissance de feu assez chouette, un éclaireur, qui est capable de faire pas mal de distance mais qui ne possède pas une grosse puissance, le soldat, qui est tout l’inverse de l’éclaireur, le sniper, qui tire de loin mais qui n’a pas une grande mobilité, le grenadier, capable d’atteindre les hauteurs en effectuant un tir en cloche, l’ingénieur qui répare les tanks et le lancier qui peut être utile contre les tanks. Sachant que ces derniers ont un point faible dans leur dos, en s’y prenant bien, on peut avec un lancier les exploser en un seul tour (au passage, RPG oblige, il y a la notion de barre de vie pour tout le monde).

Bref, avec ce beau monde, vous devrez donc gagner vos batailles en réfléchissant constamment, entre vos stratégies sur le court terme (par exemple, capturer les bases ennemies était ma priorité sur le court terme, en ce sens, mes éclaireurs n’étaient dédiés pratiquement « qu’à ça ») et le long terme (en gros, l’objectif de victoire). En soit, il faudra tenir compte des particularités de chaque carte. Sa topographie, le temps qu’il fait, si il fait jour ou nuit, si il y a du brouillard, de la pluie et de la portée des armes de vos soldats. En sachant par exemple que le brouillard joue sur la vision du terrain contre vous, elle jouera forcément pour vous (contre l’IA). D’ailleurs, plus vous avancerez dans l’histoire, plus l’IA se montrera surprenante pour une IA, ce qui surprend en bien et pimente les batailles. De plus, sachez que la mort est permanente dans Valkyria Chronicles 4. Si une de vos troupes y passe, vous avez entre 2-3-4 tours pour l’évacuer, sinon au revoir le personnage. Il faut également savoir que vous êtes régi par des points d’actions, qui sont donnés par le nombre de leader de chaque classe présent sur le champ de bataille, et que chaque personnage coûte un point d’action pour être utilisé. D’ailleurs, même si vous venez de jouer par exemple le sniper et que vous avez utilisé ses points de mobilité et son tir unique, sachez que si vous dépensez un nouveau point d’action (si vous en avez bien évidemment), vous pourrez rejouer immédiatement le même personnage. C’est pratique quand on a vraiment besoin d’un personnage spécifique, histoire de grappiller un tour dans sa stratégie. Enfin, vous aurez souvent à vous farcir un boss durant vos batailles, les premiers sont assez faciles bien que niveau dégâts ce soit hard, mais par la suite, c’est open bar niveau taille, niveau puissance et surtout niveau « je suis là pour t’embêter co**** ! » (si je puis dire). Bref, les boss, comme toujours de mon côté, c’est à un stade où je sature en terme global.

Vous devez le savoir, mais tout ce qui est stratégie au tour par tour n’est pas du tout mon genre de prédilection, je rappel que Valkyria Chronicles 4 est le premier à faire son entrée sur le blog, mais ce dernier à des qualités. Cette particularité d’incarner le soldat dont on a besoin sur le champ de bataille aide vraiment au fait de ressentir le plein contrôle sur ses troupes et de décider à tout moment quelle stratégie à prendre est quand même super pratique. Même si, par exemple pour le tank, la maniabilité est très (mais très) énervante… De plus, vu que c’est un RPG, vous devrez donc vous occuper de vos soldats dans le camp de commandement où vous pourrez les faire grimper de niveau à travers l’entraînement, acheter du nouveau matos (tenue et armes) et/ou en créer du nouveau dans le centre R&D. Bref, tout est fait pour que vous soyez le plus possible dans votre rôle de commandant. Toujours au niveau des qualités, même si cela reste une oeuvre japonaise et que les personnages font un peu « jeune » (Claude Wallace, 22 ans, lieutenant, je veut bien que ce soit la guerre mais quand même) et que parfois les dialogues fasse vraiment nian-nian, à la longue, on ressent une certaine empathie. Du moins, de mon côté, je me suis attaché à Riley… Un personnage surprenant et relativement bien écrit, avec un caractère fort et un passé sombre. Au passage, techniquement parlant, sans patch (j’y ai joué bien avant sa sortie), je n’ai rencontré aucun problèmes que ce soit, tout s’est très bien passé.

Au niveau des défauts, les graphismes sont clairement l’un des soucis selon moi. Apparemment, le moteur Canva à quand même 10 ans d’utilisation au compteur et ça se ressent fortement. Non pas que ce soit « moche » sur Xbox One S mais l’habillage graphique fait plus génération précédente qu’actuelle. Certains diront que c’est joli et que l’effet cell shading-aquarelle offre au titre une identité propre, je n’irais pas jusque là de mon côté. C’est « joli », d’accord mais ce n’est pas du tout à la hauteur de ce qu’on peut faire actuellement. Il y a aussi la question de la maniabilité. Les personnages « à pieds » se jouent sans trop de soucis mais le tank de Claude, c’est une catastrophe, oui j’insiste fortement sur la maniabilité du tank. Il y a aussi un aspect qui peut vraiment rebuter, c’est certains dialogues qui s’étalent sur plusieurs minutes alors que le sujet de la discussion est, comment dire ça sans choquer l’assistance… Puéril ? Valkyria Chronicles 4 est une oeuvre japonaise qui sent bon le Shonen, qui cible avant tout les adolescents. En soit, on a beau se retrouver dans une guerre, donc un sujet sérieux, l’Escouade E peut débattre sur la petite culotte de n’importe quelle soldate dans le plus grand des calmes sans problème (c’est un exemple donné, non un spoil, rassurez vous). Bref, la contradiction est permanente dans Valkyria Chronicles 4, ce qui peut créer parfois un malaise selon la personne qui y jouera. Parfois, ça m’a fait sourire, parfois c’était lourdingue, tout dépendait du moment en question. Pour finir, la caméra lors des batailles fait mal au crâne à chaque transition entre la map papier et lors de la prise de contrôle d’un soldat. Il aurait été peut être plus intéressant une autre transition puisque je peut vous dire que c’est vite compliqué cette histoire de caméra…

Mais Valkyria Chronicles 4 à un charme indéniable, qui demande beaucoup d’investissement et de temps, sans forcément être le « meilleur » JV de cette année. Il se laisse suivre, à condition de ne pas être « exigeant ». Ce que je veut dire, c’est qu’effectivement, je vous parle d’un jeu de niche où j’ai eu un petit peu de mal à vraiment à m’immergé immédiatement, mais en lui consacrant le temps qu’il lui est dû, environ une grosse vingtaine d’heures, pour l’instant, j’ai découvert une œuvre singulière, reposant avant tout sur l’écriture de ses personnages. Comme si on se faisait un animé d’on ne sait où et qu’au final, on trouvait ça « sympathique », sans non plus bouleverser ma vie de joueur. C’est l’effet que me fait Valkyria Chronicles 4. Bien entendu, sachez qu’il ne s’adresse pas à tout le monde et qu’il cible un public spécifique. D’ailleurs, je n’en ai pas parlé jusque là mais l’Original Soundtrack du titre fait partie de ses points forts, pour celles et ceux sensible à cet aspect plus particulièrement.

Ce que j’ai aimé :

  • L’escouade E, petite troupe de joyeux lurons
  • Un mélange de RTS et de RPG assez bien foutu
  • Le personnage de Riley Miller
  • Une IA ennemie surprenante, un point à souligner
  • Une assez grosse durée de vie
  • L’Original Soundtrack
  • Une traduction FR, hé oui !
  • Le choix du doublage, anglais ou japonais, c’est cool. Même si le doublage japonais m’a aidé à apprécier l’aventure
  • Oui c’est joli et oui il y a un certain charme dans les graphismes de Valkyria Chronicles 4 mais…

Ce que j’ai moins aimé :

  • … Le moteur graphique Canva devrait soit prendre des vacances ou sa retraite
  • Les premières heures, c’était compliqué pour s’immerger
  • La caméra lors des transitions 2d-3d, j’en ai eu des maux de crânes :/
  • Parfois un peu lourdingue et malaisant dans certaines discussions
  • Énormément de tutoriels, c’est bon, j’ai compris comment que ça se joue à la fin…
  • Les boss. Je n’en peut plus des boss.

Verdict

Un quatrième opus solide, qui se laisse découvrir même pour les néophytes comme moi qui débarque, Valkyria Chronicles 4 réussit à allier un cadre historique rappelant notre seconde guerre mondiale dans un univers fictif, avec des personnages vraiment attach(i)ants, même si il faut adhérer aux Shonen. A moitié jeu de stratégie au tour par tour, RPG et TPS nous offrant une histoire intéressante et un gameplay surprenant bien que parfois un peu lourd, mes heures passées sur Valkyria Chronicles 4 ont été vraiment agréables, même si mes débuts ont été (très) compliqués en terme d’immersion ainsi que la caméra lors des transitions 2d-3d. Même si ce n’est pas non plus le meilleur JV que j’ai pu faire cette année, j’avoue avoir été pris au jeu au bout d’un certain nombre d’heures. Si vous aimez les œuvres japonaises et les jeux de stratégie, foncez. De plus, il est traduit en FR, rien ne vous retient dès lors pour lui donner sa chance. Néanmoins, si ce n’est pas le cas, rassurez vous, tout va bien sur la Planète JV.

*Critique et screenshots réalisés à partir d’une version Xbox One physique fournie par Koch Media (que je remercie infiniment)

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