Critique de Recore Definitive Edition

A la suite d’une pénurie de ressources et d’un cataclysme, l’Humanité se réfugie sur une planète vierge appelée Alter-Eden. Réveillée de sa cryo-stase, Joule Adams, une exploratrice et excavatrice, découvrira que rien n’est arrivé comme prévu et que les machines censées terraformer le nouvel habitat de la race humaine se sont retournées contre leur créateurs. C’est ainsi que commence Recore, une production éditée par Microsoft et développé par Armature Studios et Comcept, vendue à petit prix lors de sa sortie en septembre 2016.

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Solitude et sable chaud

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Recore nous fait incarner Joule Adams. Intrépide, courageuse et indépendante, cette demoiselle est aussi plutôt bien équipée et accompagnée. Au niveau de son équipement, elle revêt un exo-squelette lui permettant de faire un double saut ainsi qu’une poussée multi-directionnelle grâce à ses bottes. Armé d’un fusil laser aux munitions infinies mais encadré par une barre de surchauffe, Joule est parée à presque toute les éventualités. Accompagné d’un robot chien au doux nom de Mack et à la personnalité atypique pour une machine, le premier objectif de ce duo singulier est de mettre la main sur une source d’énergie, qui sert plus de tutoriel et de lancement de l’intrigue. Recore prend le pari audacieux de jeter son joueur et sa joueuse d’entrée de jeu. Les premières minutes se veulent mystérieuses, calmes et surtout bien silencieuses. Qu’est-ce que font ces deux personnages ici ? Pourquoi la planète est aussi désertique ? Où sont les autres ? Tant de questions, pour si peu de réponses. Mais je dit toujours que si on veut des réponses, il faut allez les chercher et c’est ainsi que je me lance dans ce premier objectif qui est l’occasion de découvrir que Recore se veut être un mix entre plateforme et shooter TPS caméra à l’épaule, un drôle de mélange qui le fait moyennement bien, selon moi, manette en main.

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Les premières minutes se veulent donc être dénuées de toute intrigue, l’ATH nous donne notre objectif mais ça ne va pas plus loin, renforçant ce sentiment fort de solitude et immédiatement, je dois bien avouer que ce pari audacieux et si rare dans le JV moderne fonctionne sur moi. Nous sommes livrés à nous même, accompagné d’une bande son elle aussi discrète mais tellement puissante. Une fois notre premier objectif réussi, après un 1er combat de boss haletant, nous revenons à notre vaisseau où nous découvrons en même temps que notre héroïne ce qui lancera véritablement l’intrigue. Un premier message, une première lueur d’espoir, venant d’un être proche à notre chère Joule, lançant les prémices d’une histoire à rebondissements. Une histoire qui reste plaisante à suivre, même si j’avais un peu compris d’emblée. Une histoire avant tout contenue dans les enregistrements dispersés ici ou là, avec un scénario qui opposera Joule à une mystérieuse menace. Sauf que la narration n’est clairement pas le point fort du jeu, ce qui est dommage puisque Recore peut se targuer d’avoir un univers riche et bien inventé. Un peu dommage de voir tout le pan scénaristique relégué en second plan puisque la matière est là, il suffisait de l’exploiter un peu mieux que ce que j’ai vu durant mes heures de jeu.

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Mais tu va me la filer ta grosse boule, oui ?!?

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Niveau gameplay, Recore s’articule par couleurs d’ennemis et de compagnons, 4 pour être précises : blanche, bleue, rouge et jaune. Pour chaque couleur d’ennemi, vous devrez vous adaptez et changer la couleur de votre fusil durant les phases de bastons. Imaginez vous contre un certain nombre de gros robots aux couleurs différentes et vous comprendrez le début de complexité du gameplay, sachant qu’avec votre grappin, si vous réussissez à baisser la barre de vie des ennemis à un certain point, vous pourrez lui voler son noyau avec votre grappin et qui vous servira par la suite à renforcer vos compagnons. Recore prend son temps pour installer ses différentes mécaniques de gameplay, histoire de ne pas trop vous noyez d’emblée avec un trop plein d’informations. Néanmoins, certains combats auraient mérités un certain ajustement puisque d’un coup, je me suis souvent retrouvé face à un mur infranchissable où il m’a fallu quand même un sacré paquet de tentatives avant d’y arriver, quand bien même j’étais plus que préparé, compagnons avec. Non pas que les ennemis soient d’un coup d’un seul invincible, mais d’une surprenante capacité à doubler les dégâts infligés, où je me suis retrouvé en difficulté pour pas grand chose… Comme par exemple le fait que certains boss soient virtuellement invincible, avec des combats qui s’éternisaient pour un rien, tuant le plaisir de jeu presque immédiatement une fois compris le machin en face. Il y a aussi une notion que je trouve totalement superflue, même si compréhensible par les propos du jeu, c’est la notion obligatoire de farm d’orbes prismatique et de niveaux. Cette feature quand bien même étant voulue du jeu, puisque Recore vous bloque non pas à un moment donné mais bien par deux fois (une fois au milieu et une fois au grand final), est je trouve, une perte de temps, surtout de mon point de vue. Etant donné que je suis avant tout là pour l’histoire et être immergé, devoir rebrousser chemin à ces deux moments pour « farmer » les orbes prismatique (la fameuse source d’énergie du début) et mes niveaux et être obligé de retourner en arrière pour farmer les donjons et fouiller la carte, ça m’a un petit peu sorti de l’histoire de Recore, même si, je me répète, c’est en quelques sortes prévu par l’histoire en ce qui concerne du moins les orbes prismatiques, en effet, Joule est exploratrice et en soi, c’est un peu normal d’explorer mais ça l’est moins en ce qui concerne les niveaux. Que ça concerne les donjons optionnels, ça peut passer, mais quand c’est pour le scénario, c’est une totale perte de temps. Je l’ai fait une fois, mais quand j’ai compris qu’il faudra tout fouiller pour finir le jeu, j’ai abandonné. Oui vous lisez bien, je ne me suis pas embêté et j’ai arrêté avant de devoir farmer une seconde fois. D’ailleurs, sachez que vous avez deux sortes de donjon dans Recore. Arènes, qui vous jetteront dans une flopée de combats et Aventures où vous en avez pour une petite heure d’exploration. Pour les réussir intégralement, il faudra accomplir trois défis : un défi de temps (finir le donjon avant la fin du temps imparti), chercher une orbe jaune et tirer sur huit orbes rouges dispersés dans le dit-donjon. Si vous réussissez à faire ces trois défis, vous débloquerez trois contenus plus un quatrième, entre orbe prismatique et coffre de loot recelant pas mal de matos fort utile puisque ultra fort.

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Les graphismes doivent être au service d’un univers, où l’univers doit être à la botte des graphismes ?

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Graphiquement parlant, sur Xbox One S, je vous avoue que je trouve Recore plutôt beau. Non pas qu’il soit une énorme claque graphique qui t’explose les dents de devant, mais il contribue au charme très SF de cette oeuvre réellement inédite à mon sens. Vraiment dépaysant à l’extérieur où Alter-Eden, planète désertique me rappelle légèrement un certain Mad Max et un peu Nier Automata avec une légère touche de No Man’s Sky, même si il se démarque par sa touche omniprésente de futurisme, surtout dans les très nombreux donjons que j’ai visité. En clair, oui Recore n’est pas du tout le porte étendard graphique mais sa palette de couleur et de panorama renforce grandement l’immersion dans un univers inédit et à sa manière, Recore est réellement magnifique, il suffit juste d’adhéré un minimum, ce qui est bien entendu mon cas.

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Technique, gameplay, bande son, alors cette planète vierge, ça donne quoi ?

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Techniquement parlant, je n’ai eu aucun souci, ni de ralentissement intempestif, de freezes ou autre, donc Recore, dans sa version Definitive Edition est plutôt bien « fini ». Il y a juste la question des chargements, qui sont un poils longuets, en comparaison avec d’autres exclusivités que je suis entrain de faire à côté. Côté bande son, je considère celle de Recore particulièrement réussie et je dois bien avouer que ça fait partie de mon coup de coeur. Encore et toujours, Microsoft localise ses productions et Recore se pare d’une Version Française exceptionnelle, surtout pour un « petit » JV. Côté gameplay, clairement, Recore accuse un peu le coup. Non pas que ce soit « injouable », il fait juste un peu vieillot avec ce viseur lors des combats qui est tout le temps à la rue quand les ennemis lockés essayent de vous esquiver. C’est assez singulier et c’est assez énervant quand ça arrive, puisque devant, comme par magie, ça les empêchent pas de vous en foutre plein la tête à 10 sur Joule. Croyez moi qu’à force, Joule avait les boules… Et moi aussi d’ailleurs.

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Grand jeu, petit jeu, la même finalité ?

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Il faut bien préciser qu’à sa sortie en septembre 2016, Recore était vendu 39.99€ prix de vente maximum conseillé. Il n’était donc pas vendu comme une exclusivité AAA et manette en main, on se rend bien compte que le budget alloué est loin, très loin même des ambitions qu’aurait pu avoir les développeurs. J’ai tendance à toujours vouloir supporter et donner leur chance à ce genre de « petit » JV mais Recore est un peu l’exception à la règle, il en faut hélas. Il n’y a aucun souci quand au fait que le budget est riquiqui mais de là à accoucher de ce que j’ai vu durant un bon 13 heures de jeu, il aurait fallu revoir un peu la copie avant le développement. Recore jouit d’un univers fort et totalement inédit. La copie finale est loin de se servir de tout ce qu’elle avait en arrière boutique et pire, le fait de forcer son joueur à farmer comme un guignol sans autre forme de procès, sinon impossible de finir le jeu, est pour moi un non sens total. Je ne souhaite pas du tout être méchant avec Recore mais personne ne me force à faire quoi que ce soit dans la vie. Alors un JV, imaginez vous bien que je ne me suis pas embarrassé quand j’ai compris ce que je devrais faire pour finir Recore.

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Verdict

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Il faut avant tout le dire de façon claire : je salue l’effort de Microsoft et des deux studios. Puisqu’il faut saluer ce genre d’initiatives, de plus en plus rare de nos jours. Je ne l’attendais pas du tout ce Recore, il faisait juste partie de ma liste des exclusivités Microsoft à faire et j’en ressort non pas déçu mais « refroidi ». Pourquoi refroidi, hé bien parce que Recore se sabote lui même comme un grand, lui qui a tout dans sa besace pour réussir et faire un truc de « dingue ». Le résultat final fait mal au coeur pour le joueur que je suis. Joule, Alter Eden, cette humanité au bord de l’extinction et les orbots ayant pour mission de terra-former une nouvelle planète, méritent un bien meilleur traitement que celui que j’ai vu durant mes heures de jeu. Un bon « petit » Jeu qui mérite à la fois qu’on se penche dessus et qui mérite aussi largement le statut (et le budget qui va avec) des plus grands. Il n’y a pas un studio qui voudrait bien lui filer sa seconde chance dans le coin ?

Les + :

  • Un univers fort et totalement inédit, ça fait du bien un peu de nouveauté parfois
  • Le personnage de Joule et son Orbot Mack
  • L’Original Soundtrack, exceptionnelle
  • La Version Française
  • La solitude qu’on peut ressentir lors des premières heures de jeu

Les – :

  • Forcer son joueur à farmer comme un « idiot » pour finir son jeu, c’est singulier comme procédé
  • Certains donjons où les séquences de plateformes sont bien hardcore
  • Les boss. Je me rappel pourquoi je déteste profondément les boss
  • L’univers de Recore et Joule son héroïne ne méritent pas du tout ce traitement là

Son appréciation

Recore ne déçoit pas vraiment. Mais il fait un peu de mal à mon coeur de joueur quand je voit tout ce gâchis, puisque toute la matière pour faire un très grand jeu est là, il suffit juste de se baisser pour faire un truc de dingue… Dommage que le résultat final ressemble à « ça » donc.

*Critique et screenshots réalisés à partir d’une version Xbox One achetée par mes soins.

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6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Anton dit :

    Très bon jeu !!!!! Très bon article !!!! Le seul reproche que je pourrais y faire……. le manquent d’indication pour les quêtes….. mais sa chacun se fera son avis là dessus. J’aime bien ne pas être assister mais tout dépend du type de jeu……….

    Aimé par 1 personne

    1. Ah oui, c’est pas bête cette réflexion !

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  2. FlavienAlexz dit :

    – Hey l’ami, sympa le nouveau visuel pour ton blog ! 😀
    Je suis absolument d’accord avec toi pour ta critique sur ReCore, qui fait partie de mes plus grands souvenirs sur Xbox One. J’avais adoré avec ses défauts et ses qualités. ♥

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis tellement content de ton commentaire, merciiiiiii ❤ Pour Recore, tu est le seul à m'avoir fait un retour, je crois, donc encore merci 🙂

      Aimé par 1 personne

  3. LaGeekEnRose dit :

    Super article ! Même si le jeu impose le farm j’ai quand même envie de le découvrir. Je ne connaissais pas son existence…la honte ! Quand tu parles de boss hardcore, tu dirais que c’est parce que c’est le genre de boss relou dont il faut comprendre la mécanique ? (Moi je suis une paniquée des boss XD)

    Aimé par 1 personne

    1. Les boss de Recore ont la particularité d’exiger de toi les particularités du gameplay en fait (les forces et faiblesses des couleurs) mais d’un autre côté, « triche » si on puis dire sur ça, fin c’est assez chiant les boss dans Recore… Mais je te remercie, si ça t’a plus, j’ai réussi mon coup 🙂

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