Critique d’Assassin’s Creed Origins

Après une pause bien méritée d’une grosse année, voilà que la saga maintenant culte vidéo-ludiquement parlant est de retour. Ubisoft Montréal, à qui l’ont doit l’opus Black Flag, nous emmène donc aux prémices de la guerre entre Assassins et Templiers dans l’Egypte Antique de -49 av JC. Pari réussi ou Assassin’s Creed s’est perdu à tout jamais ?

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Petit retour en arrière de trois ans avant de partir aux Origins

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Nous sommes en 2014 et Ubisoft nous sort un certain Assassin’s Creed Unity (sa critique ici). 1er de la franchise à sortir sur les consoles next gen de l’époque, AC Unity fut une véritable catastrophe pour la saga. Techniquement désastreux, Ubisoft intervient et dédommage alors les joueurs touchés. Le mal est fait, Assassin’s Creed voit une bonne partie de ses « fans » partir. Puis l’année suivante, sort Assassin’s Creed Syndicate (la critique ), qui parvient à redresser la barre, en se montrant vraiment très bon (avis parfaitement personnel) mais accuse le coup d’une saga qui vieillit de plus en plus, ne supportant plus une sortie annuelle. De plus, les ventes accusent le coup et sont assez mitigées. C’est alors que la saga gagne son fameux ticket et se prend une grosse année de vacance, remplacée par la compilation remasterisée des aventures d’Ezio Auditore Da Firenze ainsi que du film Assassin’s Creed avec Marion Cotillard et Michael Fassbender (très très très passable au passage). Bref. Nous sommes en 2017 et Assassin’s Creed est de retour avec un opus partant aux origines des assassins et des templiers.

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D’une histoire de vengeance à un but plus grand

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Nous sommes en l’an -49 avant JC. Nous incarnons Bayek, un Medjay souhaitant se venger d’un petit comité de personnes. De cette vengeance, naîtra alors quelque chose de grand, puisque nous assistons ni plus ni moins à la naissance de la Confrérie des Assassins. La première chose que je remarque, aux travers de mes 10 premières heures de jeu, c’est la confiance qu’affiche ce AC Origins, scénaristiquement parlant. C’est simple, rien n’est expliqué et c’est à vous de comprendre ce qui se passe sous vos yeux, grâce à des cinématiques très intéressantes, d’une mise en scène, j’ose le dire : surprenante. Pour ma part, ce procédé employé, de lâcher le joueur et de lui montrer bout par bout est une chose risquée dans le Jeu Vidéo moderne. Il n’y a qu’à lire les différents avis pour s’en convaincre. Pour ma part, je trouve le début d’Assassin’s Creed Origins d’une insolente ingéniosité. Le scénario prend son temps et s’inscrit dans la « nouvelle » mécanique de cet opus. Open world et mécanique pure de RPG qui s’assume enfin. Et enfin, on peut se dire qu’on joue à un RPG sauce Assassin’s Creed.

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Quand Assassin’s Creed s’assume enfin tel qu’il était depuis tout ce temps

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Depuis le tout premier opus, sorti maintenant il y a une dizaine d’années, la saga avait des mécaniques de RPG mais pas assez pour le juger comme tel. Cette époque là est maintenant finie et la licence est enfin devenue un vrai RPG pur et dur. Prise de point d’expérience, niveau, arbre de compétences, quêtes annexe, tout ce qui fait un RPG est là et implémenté à la perfection. Y compris cette histoire d’évaluation des forces en fonction de votre niveau, c’est à dire qu’un ennemi ayant un niveau plus élevé que le vôtre vous défoncera quoi qu’il arrive (j’en ai fait l’expérience plusieurs fois, croyez moi). AC Origins compte aussi un système de ressource, rappelant les derniers Far Cry qui consiste à chasser les hippopotames, les crocodiles, les hyènes, et tout leur copains copines en vue d’augmenter votre équipement de base comme votre armure, vos brassards, votre lame d’assassin, votre carquois et votre étui d’outils (qui vous permet de porter soit des bombes incendiaires ou des seringues vous permettant entre autres d’endormir vos cibles). Tout un système pensé pour augmenter la puissance de Bayek au fur et à mesure de votre (très longue) aventure dans cette Egypte antique de toute beauté donc et qui est l’un des piliers de ce ACO.

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Une journée ordinaire d’un Medjay en -49

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Bayek de Siwa est le dernier représentant de l’ordre des Medjay. Il parcourt donc l’Egypte entière pour non seulement accomplir sa quête personnelle sentant bon la vengeance mais aussi venir en aide aux Egyptiens dans des quêtes annexes parfois surprenante et faisant furieusement penser à celles d’un certain The Witcher 3. L’influence est palpable mais la comparaison s’arrête là. Outre la trame principale et les missions secondaires, il y a plein d’autres choses à faire. Comme par exemple les points d’interrogation qui sont avant tout une occasion de prendre de l’expérience et du loot mais aussi et surtout d’explorer. Les points d’interrogation sont avant tout là pour vous permettre d’explorer, de prendre votre temps, de flâner. Il n’y a rien qui vous oblige à le faire cela dit mais de mon expérience, et le plus naturellement du monde, j’ai pris le temps de favoriser l’exploration au détriment de la mission principale et j’ai découvert un Open World riche, vivant, magnifique même. Un Open World qui donne envie de l’explorer, de prendre le temps d’observer. D’ailleurs, une petite anecdote, c’est par rapport au désert. En restant un petit moment sous le soleil, Bayek est victime d’hallucination dû à l’insolation, des moments vraiment intéressant puisqu’il soulève une question chez moi : comment l’Animus fait son compte pour simuler cette feature ? En parlant de l’Animus, sachez que votre aventure dans la peau de Bayek trouve une nouvelle source dans le présent. Inutile de spoiler mais sachez que la méta histoire est bien de retour et légitime le film sorti l’année dernière. De plus, il n’y a pas que la méta histoire qui revient mais le pan scénaristique qui concerne la Première Civilisation. Mis à part de dire qu’elle repose tout ce que les fans de la première heure savaient depuis un moment tout en allant plus loin, je ne peut pas vraiment entrer dans les détails, juste que c’est du très très bon et c’est ce que j’ai le plus aimé dans cet opus, oui rien que ça.

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Le bon (et beau) guerrier du mauvais (et moche)

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Pour ce AC Origins, le gameplay a radicalement changé et s’aventure sur une nouvelle base. Au bout d’un certain nombre d’heures de jeu, j’y découvre encore des possibilités et même si au départ, les combats ont été un peu compliqués, y aller avec un niveau élevé et de l’équipement adéquat vous permettra de rouler sur presque tout, cassant un peu l’équilibre précaire entre l’infiltration et le combat pur, favorisant ce dernier. En restant sur la difficulté normale du jeu, je vous avoue qu’à certains mini boss, c’était la croix et la bannière surtout en ce qui concerne les Phylakes et certain généraux de certains forts qui pouvait me tuer en trois coups imparables, oui oui j’ose le mot. Quand bien même, je revenais avec un niveau plus élevé que le leur, les battre tient beaucoup plus de la chance que du talent, ce qui est quand même particulier pour un « RPG ». Une difficulté oscillant entre le très facile et l’insurmontable, en Normal, c’est le signe que le gameplay de ce AC Origins est à revoir pour les prochains de la saga… Du côté des graphismes, je ne vais pas faire la fine bouche, AC Origins est magnifique par moment, surtout quand on est dans le désert et que certains panoramas nous offre une vue à couper le souffle et que mon très cher pote le mode photo est là, à côté, sous pression d’une simple touche… Peu de bugs à mentionner, un seul que j’ai partagé sur Twitter et c’est tout, surtout avec le « faible » poids du patch que j’ai dû télécharger avant d’attaquer.

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Ce qui cloche avec Assassin’s Creed Origins

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En globalité, Assassin’s Creed Origins est un « bon » jeu. Dire le contraire serait, je pense, de la mauvaise foi. Mais en même temps ce AC Origins trahit l’état de fait que la licence rate, pour moi, son retour. C’est paradoxal, j’en conviens bien et pourtant. Tout d’abord, la qualité générale d’écriture en ce qui concerne les dialogues et les missions secondaires qui fait très standard, lisse et monotone. Tout ça manque de folie et Ubisoft reste dans son coin à simplement faire ce qu’il sait faire de mieux et c’est tout, rien d’autre. Mis à part la traque d’un certain membre de l’Ordre (le Crocodile pour ne pas le citer), tout le reste est assez oubliable et passable (malgré les 10 premières heures qui ne laissait pas présager d’une telle chose), à tel point qu’une fois la console éteinte, presque rien ne reste en tête. Sur quasi 50 heures de jeu, c’est assez particulier non ? Parlons aussi de la quête quotidienne. Un petit marchand itinérant, Reda, vous propose tout les jours une mission afin de « looter » une arme ou une tenue rare ou légendaire. Sur une vingtaine de jours, j’ai dû « gagner » au bas mot trois ou quatre armes légendaire et encore je reste soft sur la qualité des dites armes. Pour aller à l’essentiel, cette quête quotidienne à un ratio de merde, tout en restant poli bien évidemment mais le mot est là. Je sais que certains me sortiront « tu n’a pas de chance ». Beh ouais je n’ai pas de chance. Par contre, ça n’empêche pas Ubisoft de me prendre pour un con avec leur quête quotidienne qui cache avant tout un DRM (genre, on vous grille pas à deux kilomètres…). Parlons aussi de ces Pnj. Ah les Pnj et leur phrases ridicules qui se répètent toute les trente secondes comme des foutus machines buguées avec « mitraillettes », « innocent » « jardim » ou je sais pas quoi d’autres. Non seulement, c’est pénible mais qu’est-ce que c’est chiant d’entendre les mêmes phrases à longueur de temps… J’ai l’impression de jouer à Final Fantasy XV mais dans le désert en -49 av JC. Et pour finir, devoir télécharger un patch pour y jouer en version française, je trouve ça assez singulier puisque l’excuse donnée par Ubisoft était parce que je cite « avait peur de manquer de place sur le disque physique ». Sauf que cette excuse n’est pas valable vu que le jeu exigera « juste » 46 go sur votre disque dur. On peut aussi parler du Season Pass à 40 balles et ses deux grosses extensions à venir, fort heureusement, rien n’oblige de passer à la caisse, ouf.

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Verdict

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La question que je pose au début de la critique était « Pari réussi ou Assassin’s Creed s’est perdu à tout jamais ? ». La réponse est : ni l’un ni l’autre tout en étant les deux à la fois. Assassin’s Creed Origins est un bon jeu qui manque cruellement de folie malgré de bonnes qualités il est vrai. Ce qui lui manque pour réussir, à mon sens, est une prise de risque réelle et sincère. Mais comme il fallait avant tout remettre la saga sur de bons rails, j’ai bien peur de ne jamais assister à ça de la part d’Ubisoft pourtant les mêmes qui nous ont quand même sorti un The Division ou un Watch Dogs 2 auparavant. C’est beau, ça c’est certain, c’est intéressant, faut juste savoir où notre curseur se place. Quand au reste, malgré un début couillu et un peu casse gueule, le soufflet retombe malgré une bonne aventure aux nombreuses heures de jeu. Pour le reste, j’ai bien peur que la saga ne revienne jamais du trou noir dans laquelle elle s’est fourrée depuis le passage sur cette génération actuelle. « C’est en changeant le tout, que rien ne change ». Ou un truc dans le genre.

Les + :

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  • Les personnages d’Aya et Cléopâtre
  • La méta histoire et la Première Civilisation
  • Le mode photo
  • Certains panoramas, absolument magnifiques
  • L’aventure ainsi que l’exploration des tombeaux, le coeur du jeu
  • Le gameplay avec Senu, votre aigle (faut le dire quand c’est bien)
  • Une durée de vie solide
  • Les 10 premières heures de jeu, surprenantes et insolentes

Les – :

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  • Un scénario, une narration et des missions secondaires à la qualité discutable puisque d’une exemplaire vacuité qui trahit la superficialité que fait de plus en plus preuve l’industrie
  • Les Pnjs qui répéte inlassablement la même chose encore et encore, qu’est-ce que c’est chiant O_o
  • Le ratio de la quête quotidienne, c’est limite du foutage de gueule
  • C’est quand même foutrement répétitif
  • J’aurais aimé avoir le choix d’incarner Aya ou Bayek en début d’aventure…
  • J’aurais aussi aimé pouvoir passer mes équipements de rare en légendaire soit en monnaie in game ou avec une quête spécifique
  • Ca manque clairement de folie tout ça
  • Cette douce impression d’avoir jouer à un Call Of Duty en monde ouvert

Son appréciation

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Oui c’est beau l’Egypte en -49 av JC mais… C’est tout. Ubisoft et Assassin’s Creed Origins rate le retour d’une grande saga chère à mon coeur malgré une grosse pause qui à dû faire du bien à la qualité technique de cet opus. Quand au reste, ça dépendra où vous mettrez votre curseur. En ce qui me concerne, étant donné que je finit toujours ce que j’ai commencé, cet opus du retour ne restera pas longtemps en tête.

*Critique et screenshots réalisés à partir d’une version PS4 commerciale, achetée par mes soins.

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